La Terreur ou les mains coupables de la vertu
Pourquoi il faut (re)lire Les dieux ont soif

Robespierre est là , debout, livide, déjà rattrapé par le pressentiment du sort qui l’attend. À l’arrière, Saint-Just, silhouette raide, et Couthon, immobile dans son fauteuil roulant, lui tiennent compagnie comme des ombres.
La scène est tirée du film La Fin de Robespierre, réalisé par Albert Capellani en 1912, l’année même où Anatole France publiait Les dieux ont soif. Deux œuvres différentes, mais habitées par la même époque : celle de la Terreur.
S’il est un roman qui permet de respirer l’Histoire à hauteur d’homme, c’est bien celui-là . À travers ses pages, la nature humaine se dévoile, tout en clairs-obscurs, là où l’ombre et la lumière ne peuvent plus être séparées.
Et où l’idéalisme, poussé jusqu’à l’ivresse, finit inévitablement par ouvrir la voie aux purges sanglantes.
La chronologie d’une tyrannie
Les Dieux ont soif se déroule pend…
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