C’est l’une des défaites les plus tristement célèbres de l’histoire de France. Ces soldats qui s’affrontent ce 1er septembre 1870 participent à la bataille de Sedan qui oppose la France à la Prusse. C’est le dernier épisode tragique du règne de Louis-Napoléon Bonaparte, lui-même fait prisonnier avec cent mille hommes le lendemain. L’armée perd dix-sept mille soldats soit quatorze pour cent des effectifs mobilisés sur le champ de bataille.
Ainsi s’achève le Second Empire. Napoléon III est contraint de constater son échec. Il envoie ce télégramme à l’impératrice Eugénie :
De la débâcle (pour reprendre les mots de Zola) naissent deux rêves contraires : celui d’une Troisième Restauration chez les monarchistes, celui d’une Troisième République chez les républicains. L’occupant prussien observe, méfiant, pressentant peut-être, comme le disait Renan, que la défaite ne se révèle « plus utile au vaincu qu’au vainqueur ».
Le 4 septembre, Léon Gambetta, porté par la foule des manifestants parisiens, proclame sur le parvis de l’Hôtel de Ville la Troisième République. Mais ces mots ne suffisent pas à l’imposer comme régime. Le chemin va être encore long.
Cette édition retrace les premiers pas d’une république que les événements, la rigidité d’un comte, la maladresse d’un maréchal et l’habileté de quelques hommes aideront à passer du statut de transitoire à celui de pérenne.
Voici les trois actes de l’ancrage de la République dans nos institutions.

