La mythologie grecque donne le doux visage de la muse Clio à l’Histoire.
On la reconnaît à sa longue trompette (celle de la renommée) et à ses tablettes qui servent à transmettre et célébrer les actes de bravoure, les réalisations marquantes de l’humanité. Marc Bloch nous propose de partir à sa rencontre pour mieux la comprendre.
« Papa, explique-moi donc à quoi sert l’histoire. » Ainsi un jeune garçon, qui me touche de près, interrogeait, il y a peu d’années, un père historien. Du livre qu’on va lire, j’aimerais pouvoir dire qu’il est ma réponse.
Rédigé pendant la première moitié de la Seconde Guerre mondiale, le livre que j’analyse aujourd’hui est un ouvrage inachevé qui semble toujours hésiter entre deux titres : Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien.
Inachevé car son auteur a payé de sa vie ses activités de Résistant ce jour de juin 1944 lorsqu’un officier de la Gestapo le fusille, avec quelques autres. Il laisse derrière lui des écrits à publier comme celui-ci. Mon choix s’est porté sur la version préfacée par le célèbre historien médiéviste Jacques Le Goff et retravaillée par Étienne Bloch, le fils de Marc.
Dans le premier chapitre, le médiéviste réfléchit à la nature même de l’Histoire.
Voici ce qu’il nous dit.


