Dire que la France doit devenir une démocratie revient à affirmer qu'elle ne l'est pas encore. Cette assertion, qui pourrait paraître provocante, relève simplement du constat pour Raphaël Doan, spécialiste de l’Antiquité.
Contrairement à la démocratie athénienne, les lois ne sont pas votées par le peuple mais par ses représentants, c’est à dire une fraction infime de la population. Montesquieu l'observait déjà : "Cela s'appelle une aristocratie".
Dans la même veine, on se rappelle de Rousseau pour qui "la souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu'elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n'y a point de milieu"1.
Longtemps, nous vivions dans la “non-démocratie” avec un certain bonheur sans avoir l’impression d’être opprimés. Cela ne posait au fond pas de problème.
Notre régime mélange aristocratie, monarchie et démocratie. Rien que du très classique. Ce n'est donc pas "si grave"2, nous rassure l'auteur :
"[Les anciens] convenaient ainsi que les meilleurs régimes sont ceux qui prennent un peu à l'aristocratie, un peu à la monarchie, un peu à la démocratie."3
Si ce régime hybride a prouvé son efficacité et sa pertinence depuis plus de 200 ans, d'où vient la 'crise' démocratique que nous vivons ? Pourquoi avons-nous l’impression d’institutions immobiles, comme prises dans la glace, incapable de trouver des réponses aux problèmes du pays ? Comment mettre un frein à l’immobilisme ? 4
Et si la solution se trouvait dans un outil aujourd'hui dédaigné par les politiques, mais pourtant bien présent dans notre arsenal constitutionnel ?
Réponse dans cette édition.


