Saison 2025-2026 ou le pari du temps long
Retour sur une année d’écriture
Chers lecteurs,
J’ai pris l’habitude, chaque été, de partager avec vous le bilan de la saison écoulée. Cela me permet de réfléchir à tête reposée à mes choix éditoriaux, qu’ils aient été délibérés ou inconscients, et de partager avec ceux qui ont eux-mêmes lancé leur newsletter les enseignements tirés du chemin parcouru.
Je m’étonne de constater toujours un léger changement de cap, comme un nageur qui s’éloigne du rivage sans percevoir la dérive que les courants impriment peu à peu à sa trajectoire. Rien de tout cela n’a pourtant été véritablement prémédité.
Alors, vers quelles eaux la newsletter a-t-elle dérivé cette année ? C’est ce que je vous propose de découvrir dans cette édition.
(Vous retrouverez mes précédents bilans en fin de newsletter.)
Prendre le temps du temps long
J’ai depuis longtemps dévié du projet initial, qui consistait à relier un trait de caractère d’un personnage historique à une « leçon de commandement ». Depuis au moins deux saisons, après quelques cafés partagés avec des lecteurs, la newsletter suit une ligne éditoriale plus large, mêlant histoire et philosophie. 1
J’ai privilégié cette saison des analyses de long terme plutôt que des portraits ou des événements isolés. J’ai dû procéder à quelques ajustements et, je l’admets, certains textes étaient parfois trop généreux. Je constate néanmoins une progression de 50 % de l’audience moyenne par publication (1 600 vues en moyenne), ainsi qu’un engagement qui a augmenté dans les mêmes proportions par rapport à la saison précédente.
Le numéro le plus populaire cette année est la recension d’un livre de Philippe Nemo sur l’Occident avec plus de 2000 vues (en consultation libre pour l’occasion) :
Pour illustrer cette évolution éditoriale, trois autres textes : Une histoire de l’idée de Liberté, inspiré par Pierre Manent, mille ans de combats condensés en un numéro, De Platon à l’IA : 2500 ans de pensée économique, qui remonte jusqu’à Aristote pour interroger notre présent ou encore Comment sommes-nous devenu français ? qui revient sur 1000 ans d’Histoire de France par le biais de la construction de la nation.
Ce choix a un prix : chaque numéro demande des jours et des jours de lecture et de notes avant la première ligne écrite. C’est ce temps qui rend possible Morale de l’Histoire. Si ma newsletter vous apporte quelque chose depuis un an, passer à l’abonnement payant reste la façon la plus directe de soutenir ma démarche et d’avoir accès à toutes les archives (bientôt 100 numéros), notamment les numéros évoqués plus haut.
Alors bien sûr, j’ai aussi mes frustrations. J’ai beaucoup sué sur Au coeur de la crise démocratique, la crise de la culture ?, réflexion qui trouve sa source dans le texte d’Hannah Arendt, un texte difficile, je le disais déjà en le publiant, et sans doute le plus exigeant de l’année, mais très actuel, ou sur Napoléon : l’homme Histoire, un portrait en paradoxes dont la conclusion me semble intéressante.
C’est le jeu. Le rédacteur propose, le lecteur dispose.
(Pour leur offrir une seconde chance, j’active la consultation libre afin que vous puissiez vous faire une idée.)
Être plus présent grâce aux Notes
Cette année, j’ai décidé de publier moins de numéros que l’an dernier, afin de me concentrer sur des textes plus longs, plus approfondis et mieux documentés, chacun centré sur un seul ouvrage. Mon objectif est de privilégier la qualité et la profondeur pour vous fidéliser, plutôt que de maintenir un rythme soutenu qui me laisse moins de temps pour réfléchir et vous offrir un contenu enrichissant.
Si j’envoie moins de newsletters, je suis plus présent que jamais sur Substack. Les premières graines plantées sur Notes la saison précédente ont germé cette année. Les Notes, ce sont ces formats courts glissés entre deux numéros. D’ailleurs, je suppose que la plupart d’entre vous êtes abonnés en ayant vu une de ces Notes sur l’application mobile Substack.
Je n’avais pas anticipé le succès qu’elles rencontrent aujourd’hui comme celle-ci :
J’ai commencé cet été une nouvelle série consacrée aux héros oubliés de l’Histoire. Les premiers portraits sont déjà en ligne :
(Pour y accéder, il suffit de télécharger l’application Substack : c’est là qu’elles apparaissent en premier. Autre avantage, vous pouvez écouter vos newsletters comme un podcast.)
Abordons maintenant le chiffre que tous les créateurs de newsletter scrutent avec fébrilité.
Un lectorat qui a doublé
La principale bonne surprise, pour moi, est la croissance exponentielle du nombre de lecteurs. Il y a quatre ans, la newsletter comptait 43 abonnés. L’été suivant, elle en comptait 100 de plus. En 2024, le nombre d’abonnés avait triplé, puis, il y a un an, 800 nouveaux lecteurs nous ont rejoints en une seule saison.
Aujourd’hui, la communauté compte plus de 2 700 abonnés.
Si les raisons de cette croissance vous intriguent, la réponse existe déjà. Jean-Baptiste Viet m’a invité, il y a quelques mois, à partager avec ses abonnés mon expérience et 90 % de ce que j’y raconte reste encore vrai aujourd’hui :
J’espère que cela intéressera les créateurs de newsletter qui lisent la mienne.
Conclusion
Refermer un cahier n’empêche pas d’en ouvrir un autre. La rentrée portera les traces de cette année : la grande Histoire traitée dans la newsletter, la petite racontée à travers les Notes. Elle portera aussi un contexte : 2027 sera une année présidentielle, et le recul offert par l’histoire et la philosophie n’a jamais autant de sens qu’à l’approche d’une échéance pareille.
À l’heure du bilan estival de l’année prochaine, je constaterai sans doute, comme cette année, que mon cap aura légèrement changé. Et pour m’aider à choisir la bonne direction, je vous demande, comme un service, de ne pas oublier de répondre à l’enquête qui me permettra de mieux vous connaître et d’adapter le contenu de Morale de l’Histoire à vos aspirations :
Merci à vous d’avoir fait de cette année ce qu’elle a été.
Bel été à tous,
Alexandre
Retrouvez les autres bilans ici :
Ces deux disciplines forment sans doute « la véritable école du commandement », comme le disait si bien une certain Charles de Gaulle de la culture générale. Seulement, je pense aujourd’hui que cette école doit d’abord apprendre à se gouverner soi-même avant de prétendre gouverner les autres. Sagesse de la cinquantaine qui pointe le bout de son nez ? Possible.







